CARACTÉRISTIQUES

La Ortur 4 est une imprimante de type FDM cartésienne, soit le type de machine actuellement le plus répandu sur le marché grand public. Héritière des populaires CR-10 et Prusa, elle se positionne d’emblée comme une originale avec un format spécifique : son volume d’impression est de 260x310x305 mm. Un format atypique qui devrait à la fois correspondre aux besoins de la majorité des projets tout en permettant de conserver une machine compacte. A ce titre, l’imprimante est de type All-in-one : la partie
impression est disposée sur un boitier entourant son châssis qui permet de protéger l’électronique.

La Ortur 4 propose ainsi de se lancer dans des réalisations de volume confortable sans occuper trop inutilement d’espace, ce qui constitue un bon point pour les utilisateurs ne disposant pas d’une pièce dédiée à l’impression 3D.
L’assemblage est relativement aisé et bien pensé comparé aux CR10 et dérivé : pas la peine de tâtonner avec des vis sous la structure pour fixer la potence, les fixations se font directement sur le côté, ce qui permet également de contrôler la géométrie de la structure avant serrage et d’affiner ainsi les réglages.
Une des particularités de cette imprimante réside dans le système de déplacement breveté qui anime ses axes : entre les chariots classiques et les rails linéaires, ce sont des jeux de 3 roues en acier qui jouent le rôle de guide et qui sont emprisonnés dans les saignées des rails en aluminium. Un système qui affiche deux avantages majeurs : d’une part le jeu est limité, d’autre part les déplacements sont à la fois plus fluides et rapides.

Ce système est en outre appuyé par un autre argument de taille : des moteurs plus robustes que la plupart de ceux équipant les autres machines du marché. A titre de comparaison, les moteurs sont deux fois plus gros que sur une Ender 3. Cela offre divers avantages : plus de couple, plus de réactivité, et donc des déplacements bien plus rapides et une inertie mieux maitrisée.
Pour parfaire le tout, l’axe Y (plateau) profite d’une stabilisation optimale grâce à un maintien sur deux rails.
La tête d’impression pour sa part opte pour le design V6 avec un radiateur de bonne taille offrant une circulation d’air à 360 degrés pour un bon refroidissement. Le refroidissement de la pièce est assuré par un système de double ventilation puissant et efficace et toute la connectique est protégée par une chaine, ce qui permet un arrangement propre et renforce l’impression de sérieux qui se dégage de la machine.

Au rayon des fonctionnalités avancées : on peut compter sur un système d’autoleveling assez efficace (capteur inductif), un détecteur de fin de filament, une fonction de reprise d’impression en cas de panne d’électricité.

La machine fonctionne en 24V (tête et plateau), ce qui permet une chauffe des éléments assez rapide. On regrette le recours à un simple extrudeur MK8 (en aluminium toutefois), qui fait un peu tache au milieu d’une fiche technique plutôt solide.

Concernant le plateau, nous regrettons qu’il n’y ait aucun revêtement fourni avec l’imprimante que ce soit tapis ou plaque de verre.
Quant aux températures, la tête est capable d’atteindre 270 degrés, soit une température maximale standard sur ce type de machine, qui nécessitera de basculer vers une cartouche de chauffe plus importante pour les filaments très techniques. Déception toutefois concernant le plateau chauffant dont la limite est fixée dans le firmware à 85 degrés : rédhibitoire pour imprimer de l’ABS convenablement.

UTILISATION

Si vous avez déjà une imprimante 3D, vous ne serrez pas dépaysé par l’écran OLED et sa molette d’accès. Les menus sont à la fois communs et exhaustifs. Rien d’exceptionnel, mais le tout est réactif et rempli parfaitement son rôle.

L’autoleveling est plutôt accessible et simple d’utilisation : lors de mon test, je suis parvenu à obtenir un réglage parfait du premier coup. Rappelons que le système mise sur une sonde capacitive qui repère la distance qui l’éloigne du plateau. En réalisant une cartographie du plateau, il est possible d’obtenir une représentation en 3D de ce dernier, puis d’adapter l’impression pour correspondre ainsi aux variations du plateau dans le but d’obtenir une couche parfaite.

Lors de mon premier test effectué sur un des modèles déjà slicé et fourni par le constructeur, l’impression s’est déroulée sans problème, même si la configuration du slicer aurait mérité de mettre l’accent sur les supports.

Un second test de cube de calibration permet de constater que les steppers sont bien ajustés avec un cube de 20x20x20 parfait.

La clé USB fournie par Ortur avec la machine embarque une notice succincte ainsi que des profils pour les slicers qui seront à affiner avec le temps et l’expérience.
L’impression peut être lancée via un Gcode stocké sur carte SD depuis la machine, ou depuis un PC ou Mac raccordé en USB. On pourra naturellement également y brancher un Raspberry doté d’un serveur Octoprint pour du contrôle à distance si besoin.

INCONVÉNIENTS :

Toute machine présente son lot d’avantages et inconvénients : commençons donc par les critiques.

La principale critique s’oriente du côté du bruit de cette dernière en fonctionnement. La Ortur 4 embarque certes des moteurs surdimensionnés, mais ils profitent également d’une intensité assez élevée. N’étant pas bridés par des drivers TMC2208, mais pilotés par des traditionnels A4988, ils ont tendance à hurler à la moindre sollicitation. En résulte un bruit strident permanent difficile à supporter quand on est habitué au silence de la CR10S Pro.

Dans mon cas particulier, cela n’est pas plus dérangeant puisque je dispose d’une pièce dédiée à la machine et isolée du foyer.

Le Quality Check mérite également de gagner en sérieux : dès réception, il est vivement conseillé de vérifier l’intégralité de la visserie et de son serrage, notamment sur les points structurels. Entre les griffures sur la structure et les vis se baladant dans le carton d’origine, j’ai pu trouver une des pochettes ouvertes dans la longueur… Si la chaine de câble fait bien son travail, d’autres connectiques sont bien trop lestes et pendantes…

Ces défauts sont typiques des produits récents sur le marché. On sent clairement qu’Ortur a souhaité proposer quelque chose de sérieux, mais que cela ne se traduit pas jusqu’à la préparation des cartons.
AVANTAGES :
La rapidité ! C’est bien ça le plus gros avantage de cette machine. Pouvant imprimer en 150mms, et sans
perte de qualité vers 100mms. On ne peut qu’apprécier le gain de temps à imprimer avec de hautes vitesses tout en conservant une qualité décente.

La configuration de la machine et ses doubles axes améliore la stabilité et la qualité des prints et cela est quasi indispensable quand on imprime à des vitesses dépassant les 100 mm/s.

On apprécie également le prix de la machine, plutôt bien situé au regard de l’équipement et des prestations. Le fait qu’Ortur ne se limite pas à un énième clone de CR10 est également un plus : la marque a breveté son système de rails et l’on espère voir la marque continuer à proposer des fonctionnalités originales sur ses autres machines.

CONCLUSION :

Sur un marché fort d’une concurrence étouffante, Ortur a fait le choix de l’originalité tout d’abord par son format, mais aussi par son système de rails breveté en mettant en avant la vitesse d’impression.
Et globalement, Ortur réussit son pari à se démarquer d’une concurrence qui se limite à cloner des machines, certes de qualité, mais qui propose finalement peu d’innovations.

Les choix réalisés par Ortur dans la mécanique, la structure et l’équipement sont légitimes et la marque peut fièrement revendiquer une des machines les plus solides et rapides dans une fourchette de prix aussi réduite.
On peut lui reprocher son bruit assourdissant à haute vitesse, mais rien qui ne soit possible de changer avec quelques modifications.